LES ACADIENS, C’EST COMME LES INDIENS

…dit Florent à Joseph à propos du grand bassin d’Acadiens résidant à Montréal.

Les autochtones et les Acadiens ont plusieurs choses en commun. On peut d’abord s’entendre que l’on compatit pour ce qui sont des déportations, nettoyages ethniques et autres forces majeures. Certains mythes font aussi état d’un grand métissage entre ces deux peuples. Mais ce n’est pas vraiment là que je désire en venir. La comparaison de Florent parle plutôt du fait que beaucoup d’autochtones ont décidé de s’établir en milieu urbain et c’est ce qui m’intéresse dans le blog d’aujourd’hui. 

La ville canadienne avec la plus grande population autochtone ne se situe pas au Québec mais au Manitoba, Winnipeg avec 78 420 autochtones. Viennent ensuite Edmonton (61 765), Vancouver (52 375), Toronto (36 995), Calgary (33 370), Ottawa-Gatineau (30 570), Montréal (26 280), Saskatoon  (23 895) et Regina (19 785).

Les raisons qui poussent les autochtones à quitter la réserve sont multiples, dont la recherche d’un meilleur avenir professionnel, le projet de poursuivre des études, le désir de quitter un environnement socioéconomique difficile ou la quête de services liés à une situation médicale particulière. De plus, une étude de la Environics Institute concernant l’intérêt des autochtones à rejoindre les centres urbains a permis de conclure que:

  • Pour de nombreux autochtones, la ville est leur «chez-soi;
  • Les autochtones vivant en milieu urbain veulent devenir une partie importante et visible du paysage urbain;
  • La majorité des autochtones vivant en milieu urbain sont susceptibles de créer des liens avec les communautés autochtones de leur ville;
  • La nature de la communauté autochtone urbain varie d’une ville à l’autre;
  • La ville est un lieu de développement créatif de la culture autochtone;
  • Les autochtones sont confiants en leur capacité à préserver leur identité culturelle dans la ville.
  • Les autochtones vivants en milieu urbain rêvent d’une vie «réussie»

J’ai plusieurs amis qui vivent très bien et correspondent aux résultats de cette étude.

Cependant, cette étude ne révèle pas l’ampleur de deux graves problèmes dont les autochtones sont exposés en milieu urbain: les troubles de santé mentale et l’itinérance. 1 autochtone sur 15 serait en situation d’itinérance contre 1 sur 128 pour l’ensemble de la population. À noter que la population inuite est encore plus sensible à ces problèmes dû au fait de l’importance crise de logements qui existe au Nunavik, jumelée au coût de la vie élevé et à une forte croissance des besoins en matière de santé mentale et de services spécialisés de réadaptation. Tout ceci engendre une hausse progressive du nombre d’Inuit à Montréal.

Le problème est sérieux. Les deux paliers de gouvernement s’entendent qu’il faut déployer des ressources efficaces pour faire en sorte que les problèmes se règlent non seulement à Montréal mais aussi à la source, dans les communautés. Et ça nous prend des leaders autochtones des côtés.

Mais hey, ça devient lourd.

Les Acadiens, c’est comme les Indiens, parce que nous désirons nous approprier un peu de place dans la grande société montréalaise. Joseph Edgar habite désormais Montréal pour les besoins de sa carrière musicale. Shauit, son invité de cet épisode, fait exactement la même chose. Après avoir vécu un bon moment dans la réserve de Mani-Utenam, il a décidé de retourner à Montréal et d’en tirer tous les profits possibles afin d’exprimer son identité au plus grande nombre. 

Joseph a lancé dernièrement un tout nouvel album, nommé Ricochets, auquel Geneviève Toupin (Willows) a contribué! Vous pouvez le suivre sur le web via Facebook, Twitter et Instagram.

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